Shutter Island : un bon Scorsese

Je suis allée voir le dernier Scorsese, Shutter Island. D’abord parce qu’il s’agit d’un Scorsese justement et que les bandes-annonces que j’avais pu voir m’avait vraiment emballée. Ensuite le film est adapté d’un roman de Dennis Lehane dont j’ai lu plusieurs livres (mais pas celui-ci).

Au large de Boston, en 1954, le marshal Teddy Daniels et son coéquipier Chuck Aule débarquent sur Shutter Island, un hôpital psychiatrique pour dangereux criminels. Ils doivent enquêter sur la disparition inexpliquée d’une des patientes, Rachel Solando. Entre mystère et incohérence, Teddy mène l’enquête en doutant de plus en plus du personnel médical.

A la fin du film, j’étais très mitigée. J’étais plus que déroutée, une sensation de ne pas avoir tout cerné. Et finalement, ce film m’a scotchée, autant par l’histoire que par la crédibilité des acteurs. Leonardo DiCaprio incarne le marshal, torturé entre ce qu’il découvre et ce qu’il ressent. Chuck Aule est interprété par Mark Ruffalo qui tente de soutenir comme il peut son coéquipier. Les images reflètent vraiment la noirceur et l’aspect glauque de l’île. Un film à ne pas louper !

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C’est quoi le féminisme ?

Ces derniers temps, avec la sortie du dernier livre d’Elisabeth Badinter Le conflit, la femme et la mère, on entend parler de féminisme, de droit des femmes. Et en cette journée de la femme, plus encore. Mais finalement, c’est quoi le féminisme ?

Selon mon dictionnaire, le féminisme, c’est une attitude favorable à l’extension des droits de la femme. Le féminisme donc, ce sont toutes ces actions et ces combats qu’ont mené nos mères, nos grands mères et de nombreuses femmes depuis plusieurs siècles, pour plus d’indépendance et de liberté.

Au 19e siècle, les premiers courants féministes souhaitent réformer les institutions pour que les hommes et les femmes soient égaux devant la loi : droit à l’éducation, droit au travail, droit à la maîtrise de leurs biens et vote des femmes.
Après la révolution de 1789, les femmes n’obtiennent pas le droit de vote. C’est à cette époque, en 1791, qu’Olympe de Gouges publie la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. Elle sera guillotinée quelques années plus tard. En 1793, deux cents femmes créent le Club des citoyennes républicaines révolutionnaires. Mais les hommes sont réticents à leur laisser du pouvoir. Ils les restreignent au rôle de fille, de mère ou d’épouse. La même année, toute association politique féminine est interdite.
Puis en 1830, les revendications féministes renaissent en France, après avoir été éteintes sous l’Empire et la Restauration. Les féministes fondent plusieurs journaux tels que La Femme libre ou La Tribune des femmes. Elles se battent alors contre le statut civil de la femme, soumise juridiquement et financièrement à son mari (Code Civil) et pour le rétablissement du divorce (interdit depuis 1816). En réponse à leurs protestations, les femmes se voient accorder le droit de travail au même titre que les hommes ainsi qu’un début de participation citoyenne avec les élections de déléguées à la Commission du Luxembourg. Elles proposent des réformes des conditions de travail, la création de crèches ou de restaurants collectifs. En 1867, l’éducation des femmes avance considérablement en fixant l’objectif d’une école primaire pour filles dans chaque commune de plus de 500 habitants, s’alignant ainsi sur les standards masculins. Quelques années plus tôt, Elisa Lemonnier crée les premières écoles professionnelles pour femmes. Certaines se battent pour poursuivre leur éducation, ainsi Julie-Victoire Daubié obtient son baccalauréat à Lyon en 1861, alors qu’elle est âgée de 37 ans, grâce au soutien de François Barthélemy Arlès-Dufour, un influent industriel. Ou encore Madeleine Brès qui s’inscrit en faculté de médecine. Les collèges pour filles et les écoles normales féminines sont instaurées.
Alors que plusieurs regroupements de féministes sont créés, l’Union française pour le suffrage des femmes réunit en 1909 les féministes favorables au droit de vote des femmes. Durant les 2 guerres mondiales, les femmes participent à l’effort de guerre, tout comme les hommes, qu’elles remplacent au quotidien dans les fermes, les usines. Elles n’obtiendront le droit de vote qu’en 1944 (mis en application pour la première fois aux élections municipales de 1945).
Au cours du 20e siècle, les féministes continueront à se battre.En 1907, les femmes mariées sont autorisées à disposer librement de leur salaire. En 1908, un congé maternité de 8 semaines, sans salaire, est accordé. En 1945, la notion de à travail égal, salaire égal est inscrite dans la loi. En 1965, les femmes peuvent travailler sans autorisation de leur mari. En 1967, la contraception médicalisée est légalisée. En 1974, la loi Veil légalise l’avortement.

Pourtant, aujourd’hui encore, les droits de la femme bafoués et l’égalité homme/femme est maquillée. Par exemple, dans Le Monde, Annie Kahn explique que durant les 6 premières années de vie active, le salaire médian supérieur d’une femme est 10% inférieur à celui d’un homme. Alors la même que les femmes sont mieux formées et plus diplômées (étude INSEE). Alors là même que plusieurs lois pour l’égalité au travail ont été votées, sans jamais être réellement mises en application (1972, 1983, 2001 et 2005). A la maison aussi, l’inégalité homme/femme se fait sentir. Même si les hommes participent plus aux tâches ménagères que leurs pères et grands pères, la répartition alourdit considérablement la journée des femmes.
Tout comme le droit à l’avortement est loin d’être facilité. Suite à la loi Bachelot pour accélérer la rentabilité de l’hôpital, des centres d’IVG sont tout simplement fermés. La semaine requise pour répondre aux demandes d’IGV est en réalité de 3 semaines. Certaines femmes dépassent ainsi le délai légal de 12 semaines. Si elles ont les moyens financiers, elles partent se faire avorter à l’étranger. Si ce n’est pas le cas, elles mettent leur vie en danger, comme leurs grands mères avec les faiseuses d’anges.

Finalement, être féministe en 2010, c’est encore tout ça. C’est défendre les droits de la femme et favoriser leurs intérêts. Et c’est dans ce féminisme là que je me reconnais. Parce que je souhaite rester libre de mes choix tout en ne subissant pas le fait d’être simplement une femme. Et c’est aussi se battre pour que les avantages que nous connaissont en France arrivent jusqu’aux femmes de tous les pays du monde.

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Une ombre, sans doute de Michel Quint

Encore un des livres de Challenge ABC 2010Michel Quint, c’est l’auteur de Effroyables jardins, un très bon roman adapté au cinéma en 2003 par Jean Becker, avec Jacques Villeret, André Dussolier, Thierry Lhermitte, Benoît Magimel et Suzanne Flon. J’avais apprécié le film et plus encore le livre.

Dans Une ombre, sans doute, on retrouve les thématiques chères à l’auteur : la guerre, la résistance, le rejet de ses origines. Un homme retourne dans son village natal après le décès de ses parents. Il découvre alors qu’ils se sont suicidés mais n’en connaît pas la raison. Il se plonge dans ses propres souvenirs et dans ceux d’Augusta, une amie de longue date de la famille, qui le mènent pendant la 2nde guerre mondiale, alors que ses parents viennent de se rencontrer. Il retrace une époque qu’il n’a pas connu, en suivant la vie de ses parents, mais aussi d’un espion anglais et d’un soldat allemand.

J’ai vraiment retrouvé le style de Michel Quint. Le narrateur est tourmenté par son passé. Il ne sait pas ce qu’il va finir par trouver, ce qui le remettra en question Il se plongera dans sa propre part noirceur, devenant une ombre, sans doute.. J’ai aimé le livre, mais j’ai eu du mal à rentrer dans l’histoire. Peut-être parce que l’on passe constant du présent, aux souvenirs du narrateur, à ceux d’Augusta, à la vie de l’espion anglais puis à celle du soldat allemand. On saute constamment d’une histoire à l’autre, au risque de mélanger, de confondre tout. Mais l’effet est probablement celui recherché, pour nous mettre dans la même situation que le narrateur, c’est-à-dire être dérouté.

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