Les Carnets

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Les clémentines

Les clémentines colorent à nouveau les étales du marché. J’aime leur couleur orangée. Mais par-dessus tout, j’aime la clémentine parce qu’elle est un peu ma madeleine de Proust. La clémentine, ça sent Noël qui approche, donc fondamentalement mon anniversaire qui se cale un mois avant. Ça sent les cadeaux. Ça sent la famille. Ça sent le partage à la récré des précieux quartiers de clémentine. Ça sent les goûters après l’école avec maman qui boit son thé, le pain d’épices. Ça sent le froid qui picote le bout du nez. Ça sent les souvenirs d’enfance. Et surtout, ça sent mon grand-père…

Compotier rempli de clémentines

Quand elle était petite, mon grand-père a appris à ma mère à déguster les clémentines d’une manière bien particulière. Il faut d’abord inciser l’écorce de la clémentine dans l’épaisseur, sans couper les quartiers. Délicatement donc. Puis il faut glisser l’ongle sous l’écorce, pour la décoller des quartiers. Doucement donc. Ensuite, il faut dégager les quartiers un à un, sans abîmer ni percer l’écorce. Petit à petit donc. Alors, il faut préserver au maximum les filaments centraux de l’écorce, pour obtenir une coque de clémentine avec des filaments, une sans que l’on découpe comme une citrouille. Simplement donc. Finalement, il faut verser un peu d’huile dans le fond de la coque à filaments et on allume la mèche. Et on mange les quartiers de clémentine avec les yeux ébahis d’un petit enfant. Ma mère a appris cela et me l’a appris à son tour.

Clémentine transformée en citrouille

De puis, je ne sais quasiment plus manger une clémentine sans la transformer en citrouille et sentir l’odeur d’agrumes embaumer peu à peu la pièce. Ni sans avoir une pensée pour mon grand-père…

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