L’angoisse du coiffeur

Brosses, ciseaux et sèche-cheveux

Samedi dernier, je suis retournée chez mon coiffeur préféré. Celui qui trouve pile la coupe qui me va le mieux. Celui qui ne m’écoute pas complètement quand je lui dis qu’il ne doit pas trop couper, même si les pointes sont abîmées. Ce coiffeur, pour moi, est un vrai magicien. Quelques jours plus tôt, lorsque j’ai pris rendez-vous, j’ai regardé à quand remontait ma dernière visite. Plus de 6 mois… Tant que ça…

Parce que j’ai cette peur un peu latente de me faire couper les cheveux, depuis l’enfance. Un petit traumatisme qui reste là, ancré quelque part au fond de mon cerveau. Que j’oublie la plupart du temps. Mais qui ne disparaît pas complètement.

Quand j’étais petite, alors que j’étais consignée à la maison pour cause de varicelle, j’ai joué avec des ciseaux et j’ai coupé ma frange un peu trop courte. Pour réparer les dégâts, ma mère a égalisé tant bien que mal et j’ai hérité de la même coupe courte que mon grand frère. Ce qui m’a valu pendant des mois des « mon petit garçon ».
Depuis, je l’ai un peu là, en travers de la gorge le « mon petit garçon ». Depuis, je n’ai pas eu les cheveux plus courts qu’un carré sous les oreilles, avec plutôt une tendance au cheveu long. Depuis, j’angoisse à chaque fois que je rencontre un nouveau coiffeur. Alors forcément, quand j’ai rencontré ce coiffeur magicien si gentiment recommandé par ma belle-soeur, j’étais rassurée.

Samedi donc, j’ai débarqué dans le salon de coiffure légèrement en avance, légèrement paniquée. J’avais clairement le cheveu terne, filasse, additionné à des cernes de 3 pieds de long. En regardant autour de moi, je me suis sentie vraiment moche, pas branchée du tout avec mon jean, mon sweat à capuche et mes baskets. Et puis mon coiffeur-magicien est arrivé et m’a questionnée. Sur ce que je souhaitais comme coupe, quelle longueur couper, comment travailler la mèche sur le front. Une fois de plus, j’ai insisté sur le « pas trop court hein ? ». Il a compris, m’a souri et c’était parti.
Ciseaux de coiffeur

Shampoing parfumé à la cannelle, soin posé délicatement, massage du cuir chevelu qui donne des frissons dans le dos tellement c’est agréable. Puis démêlage de ma sacrée tignasse avant les coups de ciseaux. Quelques minutes plus tard, les premières mèches commençaient à tomber au sol. A chaque fois, je meurs d’envie d’en garder une au creux de la main, pour la glisser dans une enveloppe à la date du jour et la conserver précieusement. Ma mère gardait des mèches de cheveux à chaque coupe, depuis tout bébé jusqu’à mon adolescence. J’ai continué ponctuellement. Parfois je regarde le nuancier de ces petites mèches blondes de bébé qui devenaient de plus en plus foncées d’année en année.
Et enfin le brushing, ce petit plaisir que je prends après l’angoisse de la coupe. Parce que je n’ai jamais eu la patience d’en faire à la maison.

Et d’un coup, face au miroir, je me suis trouvée jolie. J’avais l’impression d’avoir le visage plus lumineux, un teint plus frais. Mes cernes avaient disparues, j’avais de nouveau le sourire. J’étais bien.

Finalement, pour contrer une angoisse, il suffit parfois juste d'une jolie rencontre...

One thought on “L’angoisse du coiffeur

  1. C’est fou comme des moments qui se sont passés une seule fois il y a si longtemps peuvent laisser des traces !
    Par contre je trouve l’idée de ta maman de garder des mèches de cheveux super ! Ca doit être amusant de voir des morceaux de toi, année après année 🙂

    Des bises Marie ! Et je suis sûre que ta nouvelle coupe de cheveux est très bien 🙂

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