Carnets de notes, de photos, de recettes…
Une chose qui me manque, à Montréal, ce sont les expos photos à Paris. Parce que même si je n’allais pas souvent à Paris, j’arrivais à voir quand même des expos photos sympas (Ronny Willis, Robert Doisneau,…).
Et là… C’est Martine Barrat dont les clichés sont exposés, à la Maison Européenne de la Photographie de Paris. Sauf que Paris, c’est un peu loin là, pour le coup ! Dans l’expo, intitulé Harlem in My Heart, Martine Barrat pose un regard sans jugement. Juste un regard. Elle montre les habitants de Harlem dans leur humanité, le ghetto dans sa souffrance. Mais toujours sans pitié. Pas ici de photos à sensation.Martine Barrat est une photographe et réalisatrice française. Partie aux Etats-Unis en juin 1968, elle y réalise un film sur le Bronx et ses habitants, en se faisant accepter petit à petit par les gangs, notamment. De cette expérience naîtra l’exposition “You do the crime, You do the time” au Whitney Museum of American Art de New York, en 1978. Elle est connue également pour ses clichés du monde de la boxe d’Harlem.
Bref, une exposition que j’ai vraiment envie de voir, mais qui malheureusement, est un peu loin… Alors si vous avez 2h de votre temps de disponible et 6 € en poche, allez-y pour moi. Mais vite, c’est seulement jusqu’à 6 janvier ! En attendant, je me contenterais des clichés en ligne sur le site Internet de la photographe.
Ca doit bien faire un an que je dois regarder ce film. Bien un an que Claire me l’a passé en me disant “regarde-le, il est génial“. Oui, bon, quand j’aurais le temps… Depuis, il traînait là.
Et samedi en fin de journée, pour la énième fois depuis qu’on a emménagé dans l’appart, la connection Internet a planté. Donc plus moyen de discuter sur msn, de surfer de blog en blog, de sites en sites. A la télé, il n’y avait rien hormis la pub . Que faire ?
Tient, tient… Un film sur mon ordi. Bien installée, les écouteurs dans les oreilles (pour ne pas perturber Fufu en train de préparer une soupe :P), je me suis complètement plongée dans le film : Ray.Jamie Foxx, qui joue Ray Charles est simplement fantastique. Chaque tic, chaque mimique, chaque façon d’être de Ray Charles, il reproduit tout ça avec un souci du détail impressionnant. On croirait franchement le vrai. D’ailleurs, il a remporté l’Oscar du Meilleur Acteur pour ce rôle, en 2005.
C.J. Sanders, qui joue Ray Charles enfant, est très touchant et en même tant très dur dans son interprétation, surtout lorsque Ray apprend à vivre avec sa cécité.
Les actrices (Kerry Washington, Regina King, Sharron Warren, Aunjanue Ellis,…) jouent tout en subtilité les rôles des différents femmes de la vie de Ray Charles (sa mère, sa femme, ses maîtresses).
Bref, un film qui prend les tripes par moment. Qui raconte l’histoire d’un génie, qui s’est construit lui et sa musique, autour des moments tragiques qu’il a vécu.Avec un gros coup de coeur pour une scène. Celle où Margie Hendricks annonce à Ray qu’elle est enceinte et qu’elle veut qu’il quitte sa femme. Il refuse. Ils se disputent. C’est la naissance d’une chanson magnifique.
Puis sur scène, Margie accompagne avec Ray sur cette même chanson, avec rage.
J’ai découvert par le biais d’un photographe (amateur ?) qui se débrouille plutôt bien, Noug4t (un pvtiste), un reportage sur la fin probable de la photo humaniste.

La photographie humaniste, c’est Doisneau, Ronis, Cartier Bresson, pour ne citer qu’eux. C’est ces instants magiques qu’ils ont su voir, regarder, capter et nous transmettre aux travers de splendides clichés.
C’est la photo de rue, la photo du quotidien. C’est une trace du passé à transmettre aux générations futures.
Dans ce reportage, on découvre jusqu’où va l’abus, l’accès du droit à l’image. On entrevoit aussi, la perte de base documentaire pour les futurs historiens. Ca fait sérieusement réfléchir quand on s’intéresse un peu à la photographie… Et c’est vrai que les clichés deviennent difficiles à prendre, tout en conservant la spontanéité.
Quelques semaines plus tôt, j’avais pris des photos sur les berges du Rhône, à Lyon. Il faisait beau, les gens se promenaient, profitaient du soleil. J’ai repéré plusieurs sujets intéressants, mais comment les prendre ?
Pour finir, une citation d’Henri Cartier-Bresson (septembre 1999), qui figure dans le reportage et que je trouve tout particulièrement adéquate…
“Avons-nous le droit encore de regarder ?“
Un brin de folie, une dose d'humour et des yeux grands ouverts sur tout...
Des critiques, des avis, des coups de gueule, des coups de coeur...
De la musique, des films, des séries, des livres, des photos...
Beaucoup de griffonnages dans des petits carnets très colorés.